Overwriting

Overwriting | isbn 978-2-930356-67-9

Elaboré en étroite collaboration avec Antoine Boute, Overwriting rassemble les contributions d’une quarantaine d’auteurs contemporains — belges, français et québécois pour la plupart — ayant répondu à une proposition théorique farfelue conceptualisée par Brugger (Bertrand Pérignon et Jérôme Poloczek), puis mise en forme sous lettre d’invitation par Antoine Boute.

38 écritures de la surabondance ont ainsi été rassemblées, allant de la poésie à la théorie, de la nouvelle aux propositions graphiques. Faussement grivois et pleinement grave, l’ensemble, précieusement introduit par l’illustration de Jochen Gerner, témoigne de l’impétuosité d’une part de la littérature actuelle et, dans un objet inclassable, invite à pénétrer dans la fête de la grande explosion pornolettriste finale !

En voici le teaser...

+ descriptif technique

couverture en bichromie, pelliculage mat, rabats, dos carré | format 19 x 14,5 cm | 240 pp. | imprimé, assemblé & relié à la main | mise en page soignée incluant des transparences | 500 exemplaires | date de parution — 02/2010 | isbn 978-2-930356-67-9

+ l’overwriting, c’est quoi ?


L’overwriting est
une surécriture narrative qui se révèle par le débordement et l’excès appliqués à un ou tous les signes constitutifs d’un texte : la ponctuation, le blanc, la lettre, le mot, la phrase, la ligne, le style, la typographie, etc.

Les stratégies de l’overwriting peuvent être
le recouvrement, l’effacement, la permutation, la citation, la répétition, la rupture, etc.

L’overwriting se déploie dans la sphère narrative
mais sa finalité première est de tendre à produire un effet sur le corps du lecteur, pour que chaque lecture par chaque lecteur devienne un accomplissement.

Surtout, au départ de ce thème théorique fumeux, Antoine Boute a écrit à l’ensemble des auteurs de ce collectif une lettre d’invitation à participer à la fête de la grande explosion pornolettriste — lisez-là au désir !

+ qui sont les 40 auteurs participants ?


Antoine Boute | Fabien Bassas | A.C. Hello | Charles Pennequin & Cécile Richard | Mylène Lauzon | Sebastian Dicenaire | Lucien Suel | Georges Hassomeris | Jochen Gerner | Jérôme Poloczek | Pascal Leclercq | Gotfried Groll | Lise N | Nikola Akileus | Tomas Sidoli | Gwenaëlle Stubbe | Siriltiebo | Joël Baqué | Lucille Calmel | Rossano Rosi | Mathieu Brosseau | Emmanuel Adely | Jacques Serena | Stephane Berard | Ariane Bart | Jérome Bertin | Antoine Bréa | Martin Gosset | Eric Clemens | Patrik Ourednik | Louise Desbrusses | Rachel Defay-Liautard | John Troubody | Frédéric Dumond | Thierry Derclaye | Philippe De Jonckheere | Mathias Richard | Raya Lindberg | Hélène Frappat | Rossano Rosi | Kris Martin

+ une contribution en guise d’introduction ?


L’overwriting ou le sur-scénario délirant [Machine AB-1]
Mathias Richard
in Overwriting (collectif), Brugger/5c, Bruxelles, 2010

« Alors c’est l’histoire de... »

Puisqu’aujourd’hui une partie décisive du public et des éditeurs (influencés par la prégnance toute-puissante de l’industrie du cinéma commercial et des séries addictives) attendent de la littérature d’être une suite de scénarios et synopsis, un réservoir à histoires, de fictions rapides et distrayantes enchaînant les actions, que l’on puisse facilement transposer au cinéma, une nouvelle forme naît pour répondre à cette attente fiévreuse : le surscénario overwrité (ou mégascénario sériel, surhistoire, scénario fantasmatique raconté, résumé-fleuve, polar gore raconté avec effets pornolettristes...).

Le surscénario fait feu de tout bois pour maintenir l’attention, c’est un pur enchaînement d’actions qui utilise les éléments suivants : présent d’énonciation, quasiment chaque phrase doit entraîner un rebondissement de l’histoire (du moins il faut au minimum dix rebondissements par page, avec beaucoup de morts et résurrections), gore, polar, porno, mises en abyme (livre qui raconte un livre...) et philosophie express (alibi réflexif pour effet de profondeur grotesque), avec effets lettristes et onomatopéiques style BD (« et paf ! », « brrr ») afin de faire vivre le récit, souligner l’action et compenser l’absence de cascades et effets spéciaux, le narrateur s’adresse directement au lecteur pour vérifier qu’il comprend et suit bien (hypertrophie de la fonction phatique du langage pour maintenir le contact et vérifier que l’information passe). Une variante typographique : même type de récit proliférant avec rebondissements permanents, de l’histoire brute avec faits en cascades, mais avec une seule phrase d’une ligne par page, ce qui permet d’augmenter l’effet de suspense et de respecter l’objectif qu’une bonne fiction doit faire tourner des pages, doit vous donner envie de lire la page suivante et la tourner frénétiquement !

En bref, style Stephen King, mais en dix fois plus mouvementé. L’un des premiers surscénaristes signe d’ailleurs sous le nom de Stephen King Kong.

Quoi

Une fois par an, Brugger édite des collectifs réunissant des dizaines d’auteurs (écrivains avant tout, plasticiens aussi) autour d’un thème qui interroge la littérature et sa pratique contemporaine pour, chaque fois, livrer un objet-livre cohérent, tant au niveau du contenu que du graphisme.

Le premier collectif, Overwriting, réunissant 40 auteurs autour d’Antoine Boute, a paru en mars 2010.





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